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samedi 5 février 2011

13. Edouard et Maria.

(...)
Nous écrivons comme ça. Nous contons ces histoires sempiternellement reprises. L'avion a mélangé les langues, te voici là en présence de toutes les langues du monde, il faudra que tu déboussoles celle que tu pratiques, vous ne pouvez pas la laisser aussi mollement à saturation, et si tu disposes d'une autre langue non pas en réserve mais dans la ressource de ta vie, alors vous convoquez le choc, l'éclat mais d'en dessous, la chatoyance sans affichat, ou l'une par l'autre ces langues se révèlent à elles-mêmes et au monde qu'elles vivent.
(...)


Nous-Je te saluons
Edouard le
Glissant
Re-parti
En voyage


(...)

Nous écrivons comme ça, nous tombons dans la lumière du monde, nous concassons combien de roches. Et si vous ne vivez pas dans la passion des paroles, tu voyages pourtant, sans peut-être concevoir où ça finira, mais tu sais bien que le voyage est un récit qui tire à conclusion, on ne voyage qu'à conclure, même alors qu'on n'en sait rien ou pas grand-chose.

(...)


C'est à la Martinique, ton timbre poste à toi, ton territoire que tu vas poétique,
Réussir à vivre peu de temps après que le feu de la Montagne encore aura failli surgir.
Et de cette île, sans fin parcourue, du Nord au Sud, enfant de Sainte-Marie,
Olifant du Lamentin, sentinelle du Diamant, lisant, parlant, écrivant, que tu nous auras écrit, de la
Lézarde au Tout-Monde, recréant ce singulier Archipel Antilles-Mississipi-New York-Paris
Enfantant ce langage métissé, ces images sculptées par toute la musique de l' univers.

(...)

C'était comme ça pour les Antillais. Ils partaient chacun de son côté , mais forcémént ils menaient plusieurs vie à la fois. La vie en mouvenment qu'ils poursuivaint au loin, les amis, la famille s'il se trouve, tous ces apparentements nouveaux mais où on ne connaissait d'eux que cette part d'eux-mêmes qu'ils avaint en quelque  sorte déportée; la vie tout arrêtée qu'ils tenaient en réserve au plus secret, un cassis devant Bezaudin, une caye dans la mer, une source dans une Maison, où préserver aussi la terre dont ils eussent tant voulu être les gardiens; la vie hasardeuse enfin, dont ils rêvaient, la liberté, la rencontre entre les îles, le chemin caraïbe, la chose à construire, et qui faisait qu'ils déparlaient tant et se combattaient tellement entre eux.
Et je /nous te saluons aussi Maria, puisque tout est Littérature, même le reste, je /nous t'aimons, toi dont le corps aura disparu, le même jour que celui du Poète, tous deux à Paris, le 03. 02. 2011; que vos âmes parcourent ensemble, à jamais, L'AUTRE TOUT-MONDE, ce miroir de la douleur et de la beauté du nôtre.

Ainsi nous pensons à vous, Edouard Glissant, Maria Schneider, en ce 2. 11. 2011, jour des morts, que nous prions pour que vos âmes n'errent point trop longtemps et nous rejoignent bien tôt.
En tout cas, le 27 novembre 2011, JOUR UN. 13, ma Joie Demeure.

Le 23 décembre 2011, je reçois de la part d'Isa



2 commentaires:

  1. L'entretien avec T.Leclère (Télérama) donne accès à la pensée lucide d'E. Glissant.

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  2. "Tout est littérature (même le reste)". Pourquoi : "même le reste" ?

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