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samedi 19 mars 2011

19. Cher Antoine, Vive le rugby (quand même).



Tu te définis toi-même comme un buveur qui écrit (mais tu te vantes), professeur de philo bégayeur, tu aurais commencé à boire, selon ta légende, en attendant dans un bistrot, la naissance de ta fille, tu affirmes qu'une légère ivresse améliore les relations humaines, (on boit en compagnie, mais on est saoul tout seul, ajoutes-tu), jamais candidat à l'Académie française, car il y a trop de bars entre le Quai-Voltaire et le Quai-Conti.
L'ami Antoine, bien sûr tu approuves que je t'appelle l'ami, Antoine, bien que nous ne soyons ivres, en ce moment, ni l'un, ni l'autre, ou alors seulement, selon les recommandations de l'ami Charles, un ami commun, ivres de poésie ou de vertu, je te dessine aujourd'hui cette lettre et te recommande la lecture de quelques blogues de rugby, dont je suis parfois l'hôte et dont, tu peux apprécier, parvenu aujourd'hui, à la sapience suprême, la science conjuguée à l'humour...

D'abord, tout seigneur, Nicerugby, un des premiers blogues où j'aurai débarqué, en 2007, sous le pseudo d'Annaorlova, et où se révèlent les talents de plume de ceux qui seront devenus des amis, Julien Schramm, Rodolphe Rolland, Michel Desfontaines, et quelques autres émérites commentateurs (Christian Dubuis Santini, l'ombrageux Toulonnais zizekophile, Eric "Redondo"etc).

 Puis je te signale Le Blog du Pilier, un style inimitable de systémicien taoïste nourri aux mamelles de Céline et San Antonio...

Celui de "Comme Fou", Richard Escot, un journaliste de l'Equipe, à l'ironie mordante, aux jeux de mots dévastateurs, (tu pourras trouver dans sa liste, un lot d'autres blogues centrés sur le rugby).


Celui, enfin, de Léon, que je ne te présente plus...



Comment se fait-il, vraiment, que tous ces blogueurs s'intéressent autant à la littérature ? J'attends de ta part une prompte réponse, malgré l'état brouillon du monde, toi qui auras dit que pour écrire on n' a besoin que d'un crayon et d'une corbeille à papier, tout le reste n'étant que litres et ratures




P. S. Où je relis ma lettre, aujourd'hui, le 8 novembre 2011, le monde, oui, est rempli de litres (de sang) et de ratures (à l'arme lourde), tout est à refaire, c'est malin, vive la littérature (et le rugby...), un bon coup de mer aura ponctué cette reconstruction. Quand la mer monte... A Nice.
Le samedi 3 décembre 2011, la bascule dans l'Azur est définitive.
Le 29 décembre 2011: Dans la gare divine tout le monde va descendre, c'est la gare la plus proche, près de votre coeur, tout près (chuuuuut, c'est un secret...)






4 commentaires:

  1. Etrangeté de ces frôlements entre la l'écriture et l'alcool. Et puis le rugby déjà évoqué comme une grande famille.
    Je ne connais de ces trois univers que l'écriture...

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  2. Connaissez-vous, cher Claude, le très beau blog littéraire de Jalel el Gharbi ? Cette voix méditerranéenne est une splendeur..
    Des deux options évoquées par cette belle page restant dans l'inconnu, je préfère le rugby que l'ivresse. Livre est-ce ?
    Buvez-vous du café-Passou ou du thé indien ?

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  3. ENIVREZ-VOUS

    Il faut être toujours ivre, tout est là ; c'est l'unique question. Pour ne pas sentir l'horrible fardeau du temps qui brise vos épaules et vous penche vers la terre, il faut vous enivrer sans trêve.

    Mais de quoi? De vin, de poésie, ou de vertu à votre guise, mais enivrez-vous!

    Et si quelquefois, sur les marches d'un palais, sur l'herbe verte d'un fossé, vous vous réveillez, l'ivresse déjà diminuée ou disparue, demandez au vent, à la vague, à l'étoile, à l'oiseau, à l'horloge; à tout ce qui fuit, à tout ce qui gémit, à tout ce qui roule, à tout ce qui chante, à tout ce qui parle, demandez quelle heure il est. Et le vent, la vague, l'étoile, l'oiseau, l'horloge, vous répondront, il est l'heure de s'enivrer ; pour ne pas être les esclaves martyrisés du temps, enivrez-vous, enivrez-vous sans cesse de vin, de poésie, de vertu, à votre guise.

    (In Les petits poèmes en prose)

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